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03/05/2008

"... J'Suis Toujours Aussi Jeune, Mais Ça S'Voit Moins ! .."

Jonasz ... Dans Le Bonheur !

De 1992 jusqu'à sa mort, je travaillai pour Onde Latine, un mini-réseau de chansons françaises, réseau FM qui émettait de Perpignan jusqu'à Menton.

Au début installée en périphérie d'
Aix-en-Provence, aux Milles, Onde Latine déménagea - ça c'est un truc qui me poursuit les déménagements, mais ... laisse tomber la neige ! - à Marseille, Quai de la Joliette.
Un truc énorme !
Tu bosses et une fois que t'as fini ton taf, hop-là, tu t'envoies un rosé bien frais sur la plage et plonges dans la Méditerranée ..
Et c'est là que tu t'dis qu'faut vraiment être un cagol de catégorie une pour avoir envie d'y retourner, te crever la couenne ... à Paris !

Enfin-bon-bref, hormis
Michel Sardou et Eddy Mitchell, ils sont tou(te)s venus nous accorder un entretien.
Johnny Hallyday compris.

L'Idole Price

Alors lui, jamais j'oublierai.

C'qui est ballot, c'est que le son, je l'ai paumé.

Déjà quand je l'ai vu, voûté, immense - et quand bien même je ne suis pas totalement client de son répertoire - je l'ai trouvé vraiment impressionnant : il m'a donné l'impression d'un vieux lion solitaire.
Mais un vieux lion à qui on ne la fait pas.
Et pourtant, en le voyant, l'observant déambuler, on sent comme une faille, ou une fatigue, on s'dit que tiens, v'là un type embringué dans une histoire qui, parfois, le dépasserait, mais qui ne saurait accepter de s'en défaire, parce que c'est trop tard, il ne saurait vivre autrement.

Et c'est pourquoi, ma chanson préférée du Johnny reste :
"
J'Ai Oublié De Vivre".
Non parce qu'elle est super géniale au niveau du texte et de la musique, quand même pas -
faut dire que ça sent le Barbelivien à plein nez cette histoire - mais parce qu'elle est vraie, authentique ; elle colle à merveille au personnage.

Mais où en étais-je ?

Ah oui, je vois donc la bête, elle me salue, me dit que l'entretien aura lieu dans sa loge, celle du Dôme de Marseille, et m'invite à l'y rejoindre dans cinq minutes, le temps de manger une soupe.

Ben ouais, avant un concert, Johnny s'envoie une soupe ! - il en a chanté pas mal, aussi ..

Un bon quart d'heure s'écoule avant qu'on ne vienne me chercher et m'introduise dans la fameuse loge où Johnny est pendu au bout du fil.
Il me fait signe de m'asseoir tout en poursuivant sa conversation.
Enfin, il raccroche, me regarde et me dit :

"Pffff ... C'est cher un bateau, hein !"

Qu'est-ce que tu veux répondre à ça ?
Tu peux rien dire ..

L'entretien commence, et je lui fais remarquer que sur cette scène Marseillaise, il ne pourra donner le même show pyrotechnique qu'à Paris, vu qu'il n'y a pas la place pour.
Et là, Johnny me répond que oui, mais qu'avec son équipe il a tout prévu, qu'en fait il se déplace avec une scène ...

... movible !

Là, tu ne ris surtout pas, faut pas, tu te retiens comme tu peux, juste tu hésites tout de même à le reprendre, te demandant comment tu vas couper ça au montage, genre lui faire remarquer que le terme "movible" n'existe pas, mais finalement tu laisses filer, style j'ai rien entendu, sauf que lui, il s'est rendu compte qu'il venait de créer un mot nouveau, et s'en rendant compte, il rattrape le coup en expliquant qu'une scène "movible" c'est une scène qui ..

... se meut.

Et là, j'n'ai pas pu m'empêcher de m'exclamer :
"La vache !"

Un grand moment.
Inoubliable.
Dommage de l'avoir paumé ce son-là.

Ce qui est curieux, c'est que souvent ce sont les artistes dont tu n'attends rien qui te surprennent le plus, et plutôt agréablement
(Francis Lalanne) et ceux dont tu attends beaucoup, parce que tu es fan, respectueux ou admiratif du parcours, qui auraient tendance à te décevoir cruellement (Charles Aznavour).

Y'a aussi des images qui te marquent à jamais, comme
Lara Fabian engoncée dans une robe en éponge de couleur orange (un vêtement ... movible ?) ou l'arrivée dans les studios de Fun Radio Paris de Vanessa Paradis, où là, tout le monde se retrouve bouche bée, qu'il y aurait comme un ange qui passe, tu comprends pas trop c'qui t'arrive : mais comment expliquer la lumière, y mettre des mots, ceux qui conviendraient ?

Et puis, y'a les artistes que tu ne voies pas, parce qu'ils sont à Paris, toi à Marseille, et l'entretien se fait ainsi, en duplex.
C'est frustrant, parce que les regards (qu'on échange) lors d'une interview sont toujours primordiaux, ils peuvent induire des questions auxquelles tu n'avais pas songées.
Or donc, en duplex, tu ne fonctionnes qu'à l'oreille, guettant les silences, les respirations, les soupirs, ce sont eux que tu traduis en regards, et alors, vient une autre question.

Comme avec
Michel Jonasz, par exemple, en duplex, le 8 janvier 1997 ...
Il venait présenter son nouvel album : "
Soul Music Airlines".


podcast


ITW Michel Jonasz
Onde Latine
8 Janvier 1997
Réalisateur : Maxime Airoldi
Introduction :
Thierry Land
Poseur De Question : Philippe Sage

16:31 Publié dans ITW | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : onde latine, interview, johnny hallyday, michel jonasz, vanessa paradis | | | |

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